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ce qui est sauvage

Fatigué de tout ce qui vient avec les mots, des mots

mais pas un langage,

j’ai été sur l’île couverte de neige.

Ce qui est sauvage n’a pas de mots.

Les pages non écrites s’étendent dans toutes les

directions !

J’ai croisé les traces d’un chevreuil sur la neige.

Un langage et pas de mots.

Tomas TRANSTRÖMER

Cité par David ABRAM, Comment la terre s’est tue, Paris, La Découverte, 2013, p.183, trad. Didier Demorcy et Elisabeth Stengers

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chez les Omaha

« Ainsi, un thérapeute Iakota peut s’adresser à une pierre en l’appelant Tunkashila — « Grand-Père ». De même, chez les Omaha, on s’adressera à un rocher avec le respect et la révérence qui conviennent à un très vieil aîné :

impassible

depuis un temps sans

fin

tu reposes

là au milieu des sentiers

au milieu des vents

tu reposes

couvert de fientes d’oiseaux

l’herbe poussant à tes pieds,

ta tête ornée de duvet d’oiseaux

tu reposes

au milieu des vents

tu attends

toi, le Vieux. *

David ABRAM, Comment la terre s’est tue, Paris, La Découverte, 2013, p.99, trad. Didier Demorcy et Elisabeth Stengers

* Kenneth LINCOLN, « Native American Literatures« , Brian SWANN (dir.) Smoothing the Ground : Essays on Native American Oral Literature, Berkeley, University of California Press, 1983, p. 18.